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Introduction aux 13 principes de Maïmonide

13principes

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Les fondements de la foi juive

L'une des affirmations les plus claires de la conscience juive est celle contenue dans les Treize Principes de Foi de Maïmonide. Ils ont été énoncés en premier lieu dans son commentaire sur la Michna et on les trouve, sous une forme abrégée, dans presque tous les livres de prières. Ils forment également la base du Yigdal, l’hymne synagogal familier de tous les fidèles.

Pour formuler ces fondements, Maïmonide a parcouru en long et en large l’ensemble de la littérature juive, afin de déterminer les principes qui ont toujours été tenus pour acquis et qui sont spécifiques au Judaïsme. Il les a ensuite rédigés, dans une expression claire et concise, sous la forme bien connue des Treize Principes. Ces principes ont été débattus au cours des huit siècles écoulés, et ils continuent d’être acceptés par tous les Juifs comme la seule profession de foi non ambiguë du Judaïsme.

Pour le Juif, cependant, professer simplement la foi n’a jamais été suffisant. On peut croire, mais si l’on n’agit pas sur la base de sa croyance, sa profession de foi ne représente rien d’autre que des mots vides. Inversement, on ne peut pratiquer le Judaïsme en aucune manière si l’on ne comprend pas les racines dont il est issu et si l’on n’y croit pas.

Toutes les fois que nous nous référons au “Commentaire sur la Michna ”, c’est cette première formulation de ces principes que nous désignons. Nous nous référerons également à d’autres endroits où cette même Michna est citée dans le Commentaire. Nous la désignerons comme : “Commentaire sur la Michna, Sanhédrin 10, 1”.

Maïmonide, qui s’était associé avec son frère David dans un commerce de bijouterie, employait chacun de ses moments de liberté à son Commentaire sur la Michna.

Il l’acheva en 1168 et il fut publié sous le titre, en arabe, de Kitab asSiraj (le livre de l’Illumination).

Bien qu’il fût occupé à la fois par sa charge de médecin de la Cour et par ses activités médicales au profit de sa propre communauté, il trouva le temps d’entreprendre un autre projet monumental : la codification de toutes les lois du Talmud.

Maïmonide passa douze ans à extraire du Talmud chaque décision et chaque loi, puis à les ordonner toutes dans quatorze volumes systématiques. Il acheva son œuvre en 1180 et elle fut appelée Michné Torah, ou “Code de la Torah”. On lui a également donné le nom de Yad ’Hazakah ou “Main forte”. Le mot hébreu Yad (main) s’écrit exactement comme le nombre 14, allusion aux 14 volumes de l’ouvrage. On l’appelle souvent plus brièvement “le Yad”, ou simplement “le Rambam”.

Cette codification consacra Maïmonide comme l’autorité juive suprême de sa génération.

Bien que les Treize Principes ne soient pas évoqués explicitement dans ce Code, ils jouent un rôle important dans beaucoup de domaines. Ceci est particulièrement vrai de la première section, qui traite des “Fondements de la Torah”, et de celle relative à la “Repentance”, qui concerne la condition de l’homme en général. Un siècle environ après la mort de Maïmonide, Rabbi Daniel bar Yehoudah de Rome transcrivit les Treize Principes en vers. Connu sous le nom de Yigdal, ce poème figure dans tous les livres de prières et on le chante dans toutes les synagogues du monde.

Les Treize Principes

  1. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu est le Créateur et le Maître de toutes choses. Lui seul a fait, fait et fera toutes choses.
  2. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu est Unique, d’une Unicité comme il n’en existe absolument aucune autre. Lui seul est notre D.ieu - Il a été, Il est et II sera.
  3. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu n’est pas un corps. Les concepts qui se rattachent au corps ne s’appliquent pas à Lui et absolument rien ne Lui ressemble.
  4. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu est le Premier et le Dernier.
  5. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu est exclusivement le seul digne de prières et que personne ni rien d’autre ne l’est.
  6. Je crois d’une foi parfaite que les paroles des prophètes sont vérité.
  7. Je crois d’une foi parfaite que la prophétie de Moïse est absolument vraie, qu’il a été le plus grand de tous les prophètes, de ceux qui l’ont précédé comme de ceux qui l’ont suivi.
  8. Je crois d’une foi parfaite que la Torah que nous possédons maintenant est celle qui a été donnée à Moïse.
  9. Je crois d’une foi parfaite que la Torah ne sera jamais changée, qu’aucune autre ne sera jamais donnée par le Créateur.
  10. Je crois d’une foi parfaite que le Créateur connaît toutes les actions et toutes les pensées de l’homme, comme il est dit : “Il a formé leur cœur à tous, et connaît toutes leurs actions” (Psaumes 33,15) .
  11. Je crois d’une foi parfaite que D.ieu récompense ceux qui observent Ses commandements, et qu’il punit ceux qui les transgressent.
  12. Je crois d’une foi parfaite en la venue du Messie. Et même s’il tarde, malgré cela, je l’attendrai chaque jour.
  13. Je crois d’une foi parfaite que se réalisera la résurrection des morts, lorsque telle sera la Volonté du Créateur.

Yigdal

  1. Que soit exalté et glorifié le Dieu Vivant. Il est, et Son Existence n’a ni temps ni limite.
  2. Il est Un et Son Unité est sans pareille. Il est caché et son Unité est infinie.
  3. Il n’a aucune apparence de corps. Il n’est pas un corps. Rien ne peut se mesurer à Sa sainteté.
  4. Antérieur à tout ce qu’il a créé. Il est le Premier et II n’a point de commencement.
  5. Il est le Maître de tout l’univers et de toute créature. Toutes témoignent de Sa Grandeur et de Sa Royauté.
  6. Aux hommes de son choix et de Sa Gloire. Il a donné l’épanchement de Sa prophétie.
  7. Jamais il ne s’éleva en Israël. Un prophète semblable à Moïse, qui contempla Sa face.
  8. Par l’entremise de Son prophète, de Son fidèle serviteur. D.ieu a donné Sa Torah de Vérité à Son peuple.
  9. D.ieu ne transformera jamais cette Loi. Il ne la changera jamais pour une autre.
  10. Il voit et connaît nos secrets. Dès le commencement, Il aperçoit la fin.
  11. Il dispense le bien à l’homme selon sa conduite. Et au méchant, le mal selon sa méchanceté.
  12. Au terme des jours, Il enverra notre Messie. Pour délivrer ceux qui attendent les délais de Son Salut.
  13. Par Sa grande miséricorde, D.ieu fera revivre les morts. Béni soit Son Nom glorieux à tout jamais !

(extrait des Principes de Maïmonide du Rav Aryeh Kaplan zatsal)

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