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PARACHAT VAERA 5776- LES DIX PLAIES : VALEUR EDUCATIVE OU PUNITIVE ?

dix plaies

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"TU SAURAS PAR CECI QUE JE SUIS L'ETERNEL…"

(Exode 7, 17)

Les dix plaies avaient pour but, écrit Isaac Abarbanel, de convaincre Pharaon et les Egyptiens des trois vérités fondamentales de la foi en D.ieu, à savoir son existence, la Providence s'étendant sur les nations et sur les individus, et, enfin, la toute-puissance divine. A ces trois vérités correspondent les trois divisions que l'on reconnaît dans l'épreuve des dix plaies, selon la formule de Rabbi Yehouda, citée dans la Haggada de Pessa'h.

Ces groupes de trois plaies étaient destinés à apporter successivement la connaissance des vérités précitées. Aussi, la première plaie dans chacun de ces groupes est-elle précédée d'une déclaration générale. Notre phrase : "Tu sauras que je suis l'Eternel, prononcée en préavis de la première plaie, celle du sang, indique que le premier groupe dé plaies doit démontrer l'existence de D.ieu." Le second groupe est précédé, au début de la plaie des bêtes féroces, de la déclaration : ''Afin que tu saches que je suis l'Eternel au milieu du pays" (Exode 8, 18). Cette phrase fait ressortir le principe de la Providence. Enfin, la septième plaie, la grêle qui introduit le dernier groupe, est annoncée par les mots qui évoquent la toute-puissance de D.ieu : "Afin que tu saches que nul ne M'égale sur toute la terre".

Une triple démonstration vient étayer chacune des trois grandes vérités. Vues sous cet angle, les plaies égyptiennes avaient une valeur éducative et non seulement punitive.

Rachi explique : « Parce qu'il ne tombe pas de pluie en Egypte, mais que c'est le Nil qui déborde et arrose le pays, et que les Egyptiens adorent le Nil, c'est pour cela que D.ieu a frappé leur idole, ensuite il les a frappés eux-mêmes ». (La mort des premiers-nés des animaux, que les Egyptiens adoraient comme des idoles, précédait celle de leurs adorateurs, les Egyptiens eux-mêmes). Mais plusieurs sources midrachiques donnent un motif différent. Si la première des dix plaies fut celle de la transformation des eaux du Nil en sang, ce fut pour punir les Egyptiens qui avaient versé le sang des enfants juifs dans le Nil.

Nos Sages admettent, d'une manière générale, que les dix plaies furent des châtiments infligés aux Egyptiens en représailles des actes iniques qu'ils avaient perpétrés contre les juifs et qu'elles suivaient le principe de «mesure pour mesure».

Les plaies forment, en outre, un système dont les différentes parties se succèdent selon un plan général et rigoureux.

Les neuf premières plaies se divisent en trois séries de trois plaies chacune :

  1. le sang, les grenouilles, la vermine
  2. les bêtes féroces, la peste, les ulcères
  3. la grêle, les sauterelles, les ténèbres

Chaque série progresse jusqu'à son point culminant et la dernière série est le summum des plaies précédentes. Mais elle n'est, elle-même, que le prélude de la dixième plaie, la mort des premiers-nés. Les plaies frappent d'abord les biens extérieurs, et plus elles se développent, plus elles acculent l'homme dans ses derniers retranchements et elles finissent par l'accabler jusque dans sa vie. Les deux premières plaies de chaque série font l'objet d'un avertissement formel de Moïse à l'adresse de Pharaon alors que la troisième plaie intervient sans avertissement préalable, à la suite de son refus obstiné. Ce procédé est conforme à la règle établie par le Talmud Sanhedrin. 81b, selon laquelle tout homme qui a subi à deux reprises la peine de la flagellation sera frappé de réclusion en cas de récidive, sans avertissement.

Peut-être était-ce pour donner plus de solennité à ces avertissements que la première, la quatrième et la septième plaie (la première de chaque série) furent annoncées à Pharaon « au matin, à sa sortie vers le Nil ».

Pharaon est averti publiquement des calamités qui s'abattront sur son pays à l'endroit même où son orgueil démesuré le porte à se faire adorer en tant que «divinité du Nil». «Je m'en prends à toi et à ton fleuve, dit l'Eternel, et je ferai du pays d'Egypte des ruines désolées et solitaires... »

La classification des plaies en trois groupes de trois, plus une plaie isolée, est traditionnelle dans la pensée juive. Pour un certain nombre de nos maîtres, elle correspond aux trois éléments de la nature qui en formèrent successivement le théâtre : le sol de la terre, l'atmosphère et les cieux. Les plaies se manifestèrent ainsi comme des miracles, puisque D.ieu se montra capable de bouleverser les phénomènes naturels de chaque sphère de la création.

(Adapté à partir de La Voix de la Torah)

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