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SPECIAL CHAVOUOT 5780

PREPARATIONS DU VENDREDI POUR LE CHABAT ET LES FETES

  1. Il est d’usage de se couper les cheveux et de se raser le cas échéant, le vendredi veille du Chabbat qui précède la fête.
  2. C’est une mitsva [pour les hommes]de se purifier en vue de la fête, en allant au mikwé le vendredi.
  3. Il faut se munir d’une bougie spéciale pouvant durer 24 ou 48 h afin de pouvoir allumer les lumières du Yom Tov (la fête) le samedi soir après la sortie du chabbat à partir d’une flamme existante.
  4. Il faut préparer à l’avance (le vendredi) les veilleuses que l’on va utiliser le ou les soirs de fête suivants.
  5. Si on utilise des bougies en paraffine avec des embouts en aluminium, on veillera à préparer à l’avance un ou deux sets (surtout si on a l’usage de chauffer la base de la bougie pour la fixer a cet embout).
  6. On veillera à préparer les nappes en nylon à usage unique, les sacs de poubelles, ainsi que les papiers de toilette en quantité suffisante pour Chabbat et la fête.
  7. Les salades vertes qui nécessitent un trempage dans de l’eau savonneuse pour être débarrassés des insectes et des vers microscopiques qui s’y accolent, devront être préparées le vendredi pour toute la durée du Chabbat et de la fête.
  8. Ceux qui possèdent un réfrigérateur avec réglage possible en position Chabbat devront s’assurer à choisir l’option spéciale 48h ou 72h selon les besoins.
  9. On veillera à préparer une quantité de pain suffisante pour le Chabbat et la fête.
  10. Si on utilise la plaque électrique avec minuterie on devra tenir compte de la durée d’utilisation et brancher la plaque dans un lieu ne présentant aucun danger.
  11. Les responsables des synagogues et des lieux d’étude, devront tenir compte lors du réglage des minuteries, de la veillée du samedi soir et de la prière du matin à l’aube.
  12. Ils devront préparer dès le vendredi les bouilloires électriques spécifiques autorisées utilisées par les fidèles lors de la veillée du samedi soir.

PREPARATIFS INTERDITS DU CHABBAT POUR LA FETE

Selon le principe général qu’il est interdit de préparer d’un jour de fête pour le lendemain, a fortiori du chabbat pour un jour de fête, il en ressort :

  1. Il est interdit de laver la vaisselle le jour du Chabbat pour le soir suivant (fête).
  2. On devra attendre la nuit (samedi soir) pour pouvoir poser la table, changer de nappe, poser les couverts. Avant de le faire on devra réciter la formule baroukh hamavdil béne kodéch lékodéch (Bénis soit Celui qui différencie le saint [chabbat] du saint[yom tov] )
  3. On pourra cependant selon certains décisionnaires sortir du congélateur des plats ou des pains et les poser sur le plan de travail de la cuisine, sachant qu’il est strictement interdit de les poser sur une plaque chauffante avant la tombée de la nuit.
  4. Balayer pendant Chabbat ou les jours de fête est permis, mais laver le sol reste interdit. S’il s’avère nécessaire de nettoyer une partie du sol, on pourra le faire même en y versant de l’eau sans toutefois utiliser d’éponges ou de serpières.

ALLUMAGES DES LUMIERES DE YOM TOV ET SORTIE DU CHABBAT

Il faut deux conditions pour s’adonner à un travail permis le jour de fête mais interdit le jour du Chabbat (cuisson, allumage des lumières du jour de fête à partir d’une flamme existante):

  1. attendre la tombée de la nuit.
  2. réciter la formule baroukh hamavdil béne kodéch lékodéch (Bénis soit Celui qui différencie le saint [chabbat] du saint [yom tov] ).
  3. La femme devra réciter la bénédiction d’usage avant d’allumer:

C’est une mitsva d’allumer les lumières en l’honneur des jours de fête.

On récitera la bénédiction avant l’allumage:

[well]

« ברוך אתה ה’ אלוהינו מלך העולם, אשר קדשנו במצוותיו וצונו להדליק נר של יום טוב »

[/well]

[well] »baroukh ata Adonaï élohénou mélékh ha-‘olam achér kidéchanou bémitsvotav vétsivanou léhadlik nér chél yom tov »[/well]

[well] »Tu es source de bénédictions, Hachem, notre D.ieu, Roi de l’Univers, Qui nous as sanctifiés par Ses commandements, et nous as commandés d’allumer les lumières du jour de fête ».[/well]

Elle prendra soin de poser délicatement l’allumette utilisée a cet effet sans l’éteindre volontairement.

Les femmes d’origine sépharades ne doivent pas réciter elles-mêmes la bénédiction chéhé’hiyanou, mais l’entendre ou la réciter à la fin du kiddouch.

 PRIERES ET KIDDOUCH

  1. A l’office du soir de fête on ajoute un passage spécial ata todi’énou faisant office de havdala [pour marquer la sortie du Chabbat].
  2. Le kiddouch du samedi soir devra être récité debout.

Dans ce kiddouch, on ajoutera aussi un passage supplémentaire (hamavdil ) pour marquer la sortie du Chabbat.

  1. On ne récite pas la bénédiction sur les feuilles odorantes (myrte, menthe).
  2. On récitera la bénédiction boré méoré haéch sur une bougie spécialement allumée pour cette occasion. On choisira une petite bougie car on ne pourra pas l’éteindre le jour de fête.
  3. On récitera à la fin du kiddouch la bénédiction chéhé’hiyanou.
  4. A la fin du kiddouch, on s’assoit pour consommer le vin ou le jus de raisin.
  5. Celui qui fait le kiddouch devra consommer au moins 44ml, pour se rendre quitte de la mitsva.

REPAS DE FETE

  1. On devra consommer du pain à chaque repas de fête le soir et à midi, et faire le motsi sur deux pains entiers.
  2. C’est une mitsva de consommer à chaque repas de fête de la viande et du vin.
  3. On s’efforcera de consommer le repas de midi avant la mi-journée.
  4. Dans le bircat hamazone, on ajoutera le passage ya’alé véyavo.
  5. Il est d’usage de consommer des mets lactés pendant la fête de Chavouot.

USAGES DE LA FETE DE CHAVOUOT

1. Veillée d’études

Le Zohar accorde une grande importance à la veillée d’études du soir de Chavouot et promet des bénédictions spirituelles et matérielles à tous ceux qui participent à cette soirée qui débute après le repas du soir et qui s’achève avec la prière du matin récitée [dans certaines communautés] au lever du soleil.

2. Lecture des Tehilimes (Psaumes)

L’après-midi, il est d’usage de lire tout le livre des Psaumes, en hommage à leur auteur le roi David dont c’est la date anniversaire.

3. Lecture des commentaires des dix commandements

Dans certaines communautés, il est d’usage de réciter le commentaire du Rav Sa’adia Gaon sur les dix commandements répartis sur les deux jours de fête.

Cliquez-ici pour accéder à la traduction du Rav Morali.

4. Lecture de la Meguila de Ruth

5. Lecture du résumé des 613 mitsvot composé par R. Salomon Ibn Gabirol

 (adapté et modifié à partir du feuillet Yorou Michpatékha)

BONNES FETES DE CHAVOUOT ET CHABBAT CHALOM

Introduction à Chavouot

LA FÊTE DE CHAVOUOT

GENERALITES

בס »ד

C’est la deuxième des trois fêtes de pèlerinage. Elle est aussi appelée ‘Hag Hakatsir (fête des moissons), Yom Habicourim (jour des prémices), et enfin Zeman Matan  Toratenou (époque du don de notre Torah).

La désignation de cette fête par le terme de  Chavouot «semaines» découle du fait que la Torah prescrit de dénombrer les sept se­maines («supputation du  Omer » ) qui courent à partir du premier soir de Pessa’h, et au terme desquelles devait être observée la seconde fête de pèleri­nage, celle de Chavouot (Exode 34,22 ou Lévitique 23,15 ou Deutéronome 16,9-10).

Les trois jours qui précèdent la fête elle-même sont appelés chelochet yemé hagbalah («les trois jours de délimita­tion»  voir Exode 19, 11-12), pendant lesquels les règles de deuil qui régissent la période du Omer sont suspendues.

 Chavouot est également appelée ‘hag hakatsir («fête des Moissons»  Exode 23,16), ou encore yom habikourim («jour [de l’offrande] des prémices»  Nombres  28,26), rappelant que ce jour-là, les enfants d’Israël mon­taient au Temple de Jérusalem pour y por­ter une offrande de grâce. La littérature talmudique désigne communément la fête de Chavouot sous le nom de ‘atsèret, que l’on peut traduire par «assemblée so­lennelle». Pour la tradition rabbinique, atsèret signifie «conclusion de la fête» : les rabbins consi­dèrent, en effet, la fête de Chavouot comme le terme de celle de Pessah. Avec Cha­vouot, la marche vers la liberté s’achève et culmine, ce jour-là, avec le don de la Torah.

Dans la liturgie, la fête reçoit le nom de zeman matan Toraténou, (« époque du don de notre Torah»), que la tradition rab­binique situe au sixième jour du mois de Sivan (cf. Exode 19,1-16).

 Chavouot est la seule fête à la­quelle la Torah écrite  n’assigne aucune date pré­cise. En revanche, il est prescrit de compter sept semaines «depuis le lendemain du

chabbat, depuis le jour où vous aurez apporté la gerbe du balancement»  (Lévitique 23-15). La moisson du omer d’orge nouveau, marquait le début de la période du décompte des semaines et le cinquantième jour,  la fête  des prémices était proclamée.

Pour la tradition rabbinique, le terme « chabbat» utilisé par le verset qui prescrit le décompte   renvoie   au   premier  jour de Pessa’h, ce qui place le cinquantième jour le 6 Sivan.

A l’époque du Temple, Chavouot était pour les agriculteurs, l’occasion de monter à Jérusalem en joyeux cortège, pour y

présenter une partie des prémices de leurs récoltes (bicourim)  en offrande de grâce.

La michna  Bicourim offre une description fort évocatrice des préparatifs de cette cérémonie, et des nombreux rites qui  l’entouraient.

Après la destruction  du Temple, le contenu de la fête de Chavouot se réduisit et s’identifia à la commémoration de la révélation sur le mont Sinaï du don de la Torah, et de la déclaration divine des « Dix Commandements » devant l’assemblée du peuple d’Israël.

torah

LA FETE DE CHAVOUOT

Le cycle annuel des solennités sacrées correspond aux sept étapes qui constituent dans l’évolution historique, les phases successives de la création du peuple juif. Grâce à ces fêtes, la nation se retrempe dans l’atmosphère exaltante de ses origines et, en traversant à nouveau les étapes successives, elle puise chaque année de nouvelles forces morales et spirituelles aux sources mêmes sa création.

Le cycle annuel débute par la fête de Pessa’h, consacrée à l’amour naissant d’Israël et de son D.ieu qui fit éclore le germe de son existence nationale. Cette fête correspond à la phase initiale, inaugurée par Abraham, le père des croyants, mû par son amour infini de D.ieu et des hommes (חסד).

Chavouot, la fête des Semaines, marque la seconde étape. Elle commémore le vœu d’obéissance éternelle par lequel la nation accueillit la Loi du Sinaï. Elle correspond à la phase d’Isaac, qui ajouta à l’amour ardent du premier patriarche le complément nécessaire : l’obéissance absolue aux ordres divins, comme il le manifesta en faisant lier son corps sur l’autel, pour faire le sacrifice de sa personne à D.ieu. Cette discipline inconditionnelle est devenue le second trait caractéristique de la nation (דין (.

Quant à la septième étape, celle du Roi David, elle attend toujours sa réalisation définitive. La «fête de David» ne sera célébrée qu’à l’avènement du Machiya’h, fils de David qui érigera le Royaume de D.ieu (מלכות): « C’est en ce jour que Je relèverai la tente défaillante de David, j’en réparerai les brèches, J’en restaurerai les ruines, je la rebâtirai comme au temps jadis » (Amos 9,11).

Selon le cabbaliste Rabbi Moché Cordovero, ces sept étapes de l’histoire d’Israël dérivent des éléments fondamentaux du système des Sefirot  de la Cabbale qui vont de חסד à מלכות et qui marquent les degrés d’évolution des créations terrestres. Mais elles sont précédées des trois Sefirot,  des sphères d’émanation de l’esprit pur et celles-ci se reflètent également dans le système annuel de nos fêtes. Elles trouvent leur expression dans les fêtes qui ne remontent pas à des événements historiques, mais qui sont consacrées à notre évolution spirituelle.    (Pardès Rimonim  21,10).

Vous compterez depuis le lendemain de la fête depuis le jour de la fête, depuis le jour ou vous aurez offert l’omer de balancement, sept semaines, qui doivent être entières. Vous compterez jusqu’au lendemain de la septième semaine, soit cinquante jours, et vous offrirez une oblation nouvelle à D.ieu. ( Lévitique 23,15)

La prescription qui concerne la femme isolée, dite nidda, commence également par les mots וספרה לה «elle comptera pour elle».

Nos Sages en ont tiré la conclusion suivante. Les enfants d’Israël eurent besoin d’une période pour se délivrer de l’impureté égyptienne qu’ils avaient contractée en vivant parmi les païens. Comme une femme nidda, ils devaient se purifier par une abstinence au septuple (de semaines, en raison de l’extrême gravité de leur impureté). Ensuite ils purent s’unir à leur Seigneur. C’est la nuit de Chavouot qui est consacrée à cette sainte union. Aussi est-elle marquée de nos jours par l’usage de veiller pendant cette nuit.

De même il est dit : « Quand la rosée tomba de nuit sur le camp…» (Nombres 11,9). Quant à l’immersion dans l’eau, dont le mikwé  est le symbole, elle est représentée par le bain de la Torah, dans laquelle nous nous « trempons » au cours de cette nuit. Ainsi le compte de sept semaines doit nous aider à nous perfectionner.

La fête de Pessa’h nous avait été donnée gratuitement par D.ieu, mais, une fois le cadeau fait, il s’agit pour nous de remonter les quarante-neuf degrés d’impureté, et il y a en contrepartie quarante-neuf degrés de pureté. Nous les montons un par un et pensons à chaque mouvement au degré de pureté compris en ces jours d’après l’enseignement de la Cabbale.

Arrivés à cette fin, nous avons accompli la mitsva qui nous rend dignes de recevoir une nouvelle fois la Torah. Nous avons employé la liberté reçue à Pessa’h à la remplir d’un contenu qui nous fait mériter la fête de Chavouot.

Ces préparatifs sont certes avant tout un acte de pureté exercé dans la crainte de D.ieu. C’est pourquoi nous fêtons Chavouot à la fin du quarante-neuvième jour, soit le 6 Sivan, alors que la Torah nous a été donnée selon Rabbi José le 7 Sivan. La raison en est que ce jour représente les longs préparatifs que nous nous imposons pour accueillir la Torah et incarne ainsi le principe de la crainte de D.ieu. Ce préalable constitue une introduction à la Torah. ראשית חכמה יראת ה׳ (Psaumes).

« Et vous proclamerez ce même jour que ce sera pour vous une convocation sainte, ou vous ne ferez aucune œuvre servile». (Exode 23,21)

C’est ici la seule allusion au caractère férié de la fin de la période de sept semaines. La Torah ne parle pas de Chavouot  comme fête de la promulgation de la Torah,  ni  ici ni ailleurs. Il a été répondu à cette remarque que la Torah, en tant qu’œuvre métaphysique, ne tolère pas de fixation dans les dimensions du temps et de l’espace. De même que la date de sa promulgation n’a été déterminée que par approximation, ainsi le lieu exact de son don est encore entouré de mystère.

On ne peut établir laquelle, d’entre les six et sept Sivan, est la date exacte de promulgation  du fait que Moïse a ajouté un jour de son propre chef,  et la seule certitude que l’on  ait quant au lieu, c’est qu’il se situe dans le désert, terre qui appartient à tout le monde.

Selon le Midrach la Torah ressemble à l’âme dans le corps humain : On ne peut la situer avec précision. Comme l’âme elle n’exige ni emblème ni signe extérieur, ni solennité, ni même l’indication du jour où elle nous fut léguée. (Midrach sur Psaume 103)

(Principales sources : Talmud, Midrach, La Voix de la Torah, Sifte ‘Hayim,….)

LOIS ET COUTUMES

בס »ד

La  fête de Chavouout  est caractérisée par un nombre de lois et coutumes qui la différencient des autres fêtes de pèlerinage.

Dans de nombreuses communautés traditionnelles, les fidèles restent éveillés durant la nuit de Chavouot qu’ils consacrent à l’étude de la Torah notamment au Tikoun durant lequel sont lus les premiers et derniers versets de toutes les sections hebdomadaires de la Torah et ceux des prophètes et hagiographes, ainsi que certains morceaux choisis du Zohar, et la liste des 613 mitsvot.

Certaines communautés ont l’habitude de lire le jour de fête, le livre des Psaumes conformément à la tradition selon laquelle le Roi David serait éteint le jour de Chavouot.

Dans d’autres communautés, on a l’usage de lire les azharot (enseignements oraux en forme de poèmes).

La coutume veut que l’on consomme des aliments lactés durant la fête. Elle a pour origine le fait que le jour du don de la Torah, il n’y ait pas eu assez de temps pour préparer un repas carné, chacun étant occupé à se préparer physiquement et spirituellement à recevoir la Torah.

Le livre de Ruth est intégralement lu pendant la fête. L’engagement spirituel de Ruth et sa fidélité sans faille au peuple et à la foi de Naomi, illustrent la leçon capitale de Chavouot : fête de l’indéfectible fidélité du peuple juif à la Torah reçue ce jour.

Quizz sur Chavouot

בס »ד

Questions- Réponses

Les décisions du R.O.Y (Rav Ovadia Yossef chalita )

1. Pourquoi cette fête s’appelle-t-elle la fête de Chavouot, la fête des semaines ?

La fête de Chavouot tombe le 6 Sivan après le compte du Omer qui dure 49 jours, soit sept semaines, et nos Sages ont expliqué pourquoi la fête de Chavouot  est–elle dépendante du compte du Omer, ce qui n’est pas le cas pour les autres fêtes, car nos ancêtres en Egypte ont reçu la nouvelle de la sortie d’Egypte en même temps que celle du don de la Torah qui devait avoir lieu 50 jours après la sortie d’Egypte.

On trouve d’ailleurs une allusion dans le mot תעבדון qui comporte un “noun’’ supplémentaire en fin de mot ayant pour valeur numérique 50. Après leur libération de l’esclavage, nos ancêtres comptèrent jour après jour manifestant ainsi leur impatience de recevoir la Torah[1].

2. Pourquoi a-t-on l’usage de décorer la synagogue de fleurs et de plantes a l’occasion de la fête de Chavouot ?

L’usage provient d’un enseignement de nos Sages (Talmud Chabbat 88b) qui nous relate le don de la Torah. « Chaque parole qui émanait de D.ieu embaumait le monde entier de parfums comme il est dit :… (Cantiques des Cantiques 5,13).

D’autre part, le Talmud Roch Hachana 16a nous enseigne que la fête de Chavouot représente le jour du jugement des arbres fruitiers[2].

3.  Doit-on allumer les lumières en l’honneur de Yom Tov ?

C’est une mitsva d’allumer les lumières en l’honneur de Yom Tov[3].

  • Si le soir de fête tombe un jour de semaine, il faut réciter la bénédiction suivante : « Baroukh …..lehadlik ner chel yomtov.« 
  • Si le soir de fête tombe un vendredi soir, il faut réciter la bénédiction suivante : « Baroukh …..lehadlik ner chel chabbat vechel yom tov.« 
4. Doit-on réciter la bénédiction שהחיינו   en allumant les lumières de Yom Tov ?

A priori, les femmes qui allument devront s’abstenir de réciter cette bénédiction au moment de l’allumage, mais devront s’en rendre quittes lors du kiddouch.

Cependant, on ne doit pas s’opposer avec force, contre celles qui ont l’usage de la réciter au moment de l’allumage des lumières de Yom Tov. Par contre, elles devront le faire après avoir allumé une lumière au moins. Dans ce dernier cas, elles ne devront pas répondre « amen » lorsqu’elles écouteront la récitation de cette même bénédiction pendant  le kiddouch[4].

5. Quand doit-on allumer les lumières de Yom Tov ?
  • Si la fête tombe un soir de semaine ou un vendredi soir, il est d’usage d’allumer les lumières de Yom Tov vingt minutes avant le coucher du soleil, comme tous les vendredis en l’honneur du Chabbat[5].
  • Si la fête tombe un samedi soir, il faut allumer après la sortie du Chabbat, après avoir prononcé la formule : « Baroukh hamavdil ben kodech lekodech ».

Cependant les femmes qui ont l’usage de prier Arvit sont dispensées de réciter cette formule, du fait qu’elles ont déjà récité la formule de havdala entre le Chabbat et les fêtes (vatodi’énou) dans la amida.

Dans ce cas, ainsi que pour le deuxième soir de fête, on allumera à partir d’un feu déjà existant [allumer un feu nouveau étant interdit le jour de fête].

6.  Doit-on attendre la nuit pour faire le kiddouch ?

Certains décisionnaires pensent qu’il faut attendre la nuit pour que les sept semaines séparant Pessa’h de Chavouot soient entières. D’autres décisionnaires pensent que l’on peut faire le kiddouch avant la tombée de la nuit.

Dans les contrées où le coucher du soleil est tardif, et attendre la nuit peut provoquer certains désagréments, on peut adopter l’opinion de ceux qui tolèrent de faire le kiddouch, et consommer le repas avant la tombée de la nuit. Dans ce cas, il est préférable si possible, de faire le kiddouch après le coucher du soleil, et de consommer une quantité de 27 g de pain après la tombée de la nuit[6].

7. Quelles différences y a t-il entre le kiddouch normal des fêtes et le kiddouch des fêtes quand la fête tombe samedi soir ?

Le kiddouch normal se compose de trois bénédictions :

-sur le vin ou jus de raisin : ..boré péri haguefen

-sanctification de la fête:…mekadéch yisrael vehazemanim.

- שהחיינו : chéhé’hiyanou vékiyémanou vihigui’anou lazeman hazé

Le kiddouch de fête à la sortie du Chabbat se compose de cinq bénédictions (יקנהז):

  • sur le vin ou jus de raisin: « ..boré péri haguefen »
  • sanctification de la fête: « ..mekadéch yisrael vehazemanim. »
  • sur la bougie : »..boré meoré haéch »
  • havdala: « ..hamavdil ben kodech lekodech »
  • שהחיינו : » ..chéhé’hiyanou vékiyémanou vihigui’anou lazeman hazé »
8.  Y a t-il une obligation de manger du pain le jour de fête ?

Il y a une obligation de consommer du pain pendant les repas de fête, le soir et le lendemain.

Cette obligation concerne aussi les femmes[7].

9 Pourquoi a t-on l’habitude de  rester éveillés toute la nuit et d’étudier la Torah, le soir de Chavouot ?

L’usage s’est étendu dans toutes les communautés de rester éveillés le soir de Chavouot et d’étudier la Torah jusqu’à l’aube comme il est écrit dans le Zohar :

  « Les anciens hommes de piété ne dormaient pas cette   nuit et se consacraient à l’étude de la Torah et disaient :

 Octroyons pour nous et notre descendance un héritage saint dans les deux mondes »

Il est dit aussi : « Ceux qui s’adonnent cette soirée à l’étude de la Torah (tikoun) et s’en réjouissent, seront inscrits dans le livre du souvenir, et le Saint béni soit-Il les couronnera de soixante-dix bénédictions. »

Nos sages ont expliqué que les enfants d’Israël, au moment de recevoir la Torah sommeillaient. Et il fallut que D. les réveille par des coups de tonnerre et par des éclairs. En guise de réparation de cette attitude de nos ancêtres, nous restons éveillés en nous consacrant à l’étude de notre sainte Torah[8].

10.  Au cours de la veillée d’étude on propose aux fidèles des boissons tout au long de la soirée. Si entre deux consommations,il s’est écoulé plus d’une heure et demie, doit-on refaire la bénédiction ?

On pas de ne refait pas de bénédiction sauf si on sort à l’extérieur de la synagogue ou du Beth  Hamidrach.

Il est bon cependant, de penser à  se rendre quittes lors de la première bénédiction en début de soirée, de toutes les consommations  qui vont suivre[9].


[1] ‘Hazon Ovadia Yom Tov p.304

 

[2] Idem p.317

 

[3] Idem p.305

 

[4] Idem p.306

 

[5] Idem

 

[6] ‘Hazon Ovadia  Yom Tov p.305

 

[7] Idem p.307

 

[8] Idem p. 309-310

 

[9] Idem p. 311

 

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Les 10 commandements

Ces derniers jours, nous n’étions affairés ni à la construction de cabane ni au grand ménage du printemps… , et pourtant nous sommes à la veille d’une des trois grandes fêtes du calendrier juif: Chavouot – la fête du don de notre Torah.

Que représente Chavouot et comment s’y préparer ?

Nos maîtres nous enseignent que la fête de Chavouot symbolise l’alliance entre Hachem et le peuple juif. Chaque année c’est le plus grand mariage de l’histoire qui est célébré par tous les juifs du monde.

Mais alors, quel est le lien avec le don de la Torah ? Et bien, dans la même idée, nos maîtres nous expliquent que la Torah représente le contrat de ce mariage: la kétouba.

Par ailleurs, les Dix Commandements renferment en eux, l’essence de notre sainte Torah.

C’est pourquoi à l’approche de cette union avec notre Créateur, nous vous proposons, en guise de préparation, un  merveilleux commentaire des Dix Commandements, composé  par le Rav Sa’adia Gaon  zatsal et traduit par le Grand Rabbin Morali zatsal.

Bonne étude !

[button url= »http://www.lechelledejacob.com/?p=398″ style= »purple »]Les cinq premiers commandements – Entre l’Homme et son Créateur[/button]

[button url= »http://www.lechelledejacob.com/?p=400″ style= »purple »]Les cinq derniers commandements – Entre l’Homme et son prochain[/button]

Les dix Commandements – Préparation à la fête de Chavouot

Les trois fêtes principales de l'année juive sont Pessa'h, Chavouot et Souccot.

A Pessa'h ou à Souccot, même celui qui ne se serait pas préparé pour la fête pourrait accomplir les mitsvots particulières à celle-ci. Il pourrait par exemple être invité pour le soir du Séder, ou pour manger dans la Soucca.

A chavouot, c'est différent car outre la coutume de consommer des mets lactés, cette fête ne présente pas en apparence de mitsva particulière ! En fait la fête de Chavouot éxige une préparation de la part de celui qui souhaite la fêter convenablement.

C'est pourquoi nous vous proposons une merveilleuse explication des dix Commandements, composée par le Rav Saadia Gaon et traduite par le Grand Rabbin Morali.

Bonne étude !

PREMIER COMMANDEMENT

Le premier Commandement, émanant du Maître de l’Univers, révélait une vérité incontestable, base fondamentale de la Tora et de l’alliance perpétuelle que Dieu promit d’instituer avec toutes les générations de son peuple.

Ce dogme apparaissait en lettres flamboyantes qui, après avoir plané dans les hauteurs célestes et évolué dans les airs autour du Mont-Sinaï, allaient se fixer sur les Tables de la Loi, pendant que la voix divine, claire, harmonieuse et d’une incomparable sonorité, dominant le bruit du tonnerre et de la tempête, environnait le peuple et l’exhortait merveilleusement en ces termes : O enfants d’Israël !

« Je suis l’Eternel, qui vous fait sortir d’Egypte, d’une maison d’esclavage. »

Je suis l’Etre Suprême qui ai créé la mer et qui lui ai ordonné de se dessécher (pour vous y frayer un passage), j’y ai fait noyer Pharaon et son armée. Je suis Un par excellence ; par ma splendeur et ma sagesse, j’ai étendu et affermi les cieux, seul, sans être secondé par un ministre, ni par un conseiller quelconque. Je sur le Roi des rois, et je n’ai point de rival ; c’est Moi seul qui fais mourir et qui fais vivre. J’abaisse la demeure de l’orgueilleux et je l’avilis ; j’élève ou j’humilie ceux que je veux. J’accorde le bonheur à mes fidèles serviteurs et je leur procure une subsistance quotidiennement renouvelée. Je possède les trésors du froid, de la grêle, de la neige, de la gelée, du tonnerre, des éclairs et du vent violent.et impétueux. J’ai fait tenir les cieux sans colonnes ; j’ai fermement établi les assises de la terre, comme si elles reposaient sur de solides piliers. Par ma seule parole, du néant j’ai tiré l’existence ; ma volonté n’a jamais été contrariée ; elle est immuable.

Je frappe de démence les savants et j’annihile leurs projets ; j’éloigne ceux qui sont proches et je rapproche ceux qui sont loin. Je fais jaillir l’eau des rochers les plus durs et dans les lieux les plus arides. Je fais germer de la terre les graines qu’on y a déposées et j’en fais surgir une abondante moisson. Si je jette un regard sur le monde, je le fais trembler. Il se trouve plongé dans de profondes ténèbres, dès que j’éclipse le soleil. C’est par la faute des hommes que parfois je prive la terre de la pluie ; néanmoins je m’empresse de la lui accorder de nouveau, dès que ceux-ci me la réclament par des prières et des louanges. Sachez que j’en compte toutes les gouttes et qu’un ange gardien préposé par moi a la charge de les distribuer ou de les retenir, selon ma volonté. Une fois descendue du ciel, la pluie n’y retourne pas avant d’avoir fertilisé les champs auxquels je l’ai destinée. C’est à moi seul que conviennent la souveraineté, la grandeur, les hommages, la prière et la louange. Je suis Un par excellence, Fort et Puissant, je dévoile les mystères et rien n’échappe à ma vue. Nul ne peut être comparé à moi. Ma gloire brille dans les sphères les plus hautes et je sonde les profondeurs du cœur. Je suis l’Eternel qui recouvre la terre d’une fraîche verdure, qui la revêt de céréales, d’herbes et d’une flore superbe. Je lui fais produire pour mes serviteurs de beaux et succulents fruits. J’ai assigné à la mer une infranchissable limite de sable. Je change les temps et les époques, et les astres accomplissent leurs révolutions avec une parfaite régularité. J’appauvris le riche et enrichis abondamment le pauvre. Je suis le Tout-Puissant, le Très-Haut, le Sublime ; ma splendeur n’a point d’égale, rien ne peut ressembler à ma divine Majesté. La glorification, la magnificence ne siéent qu’à moi, ainsi qu’il est écrit dans le livre de la Révélation : « Ecoute, ô Israël ! L’Eternel est notre Dieu, l’Eternel est Un » et sans second ; il n’y a pas d’Unité semblable à la sienne.

 

DEUXIEME COMMANDEMENT

Le deuxième commandement apparaissait en lettres flamboyantes ; tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

« N’ayez point d’autre Dieu que moi. »

Ne vous faites point d’idole ! Ne me changez pas contre un autre, ne m’attribuez aucune figure. Ne me comparez à rien, ne me représentez pas d’après votre imagination. Adressez-moi vos louanges et rendez hommage à mon Nom. Je suis le Tout-Puissant, le Majestueux ; mes merveilles sont impénétrables et le mystère de mon existence est insondable.

Je conserve ma bonté pour toutes les générations, car je suis le Miséricordieux, le Bienveillant. Gardez-vous bien de me substituer une idole ou de me représenter sous une forme quelconque. Ne vous prosternez point follement ou aveuglément devant le soleil, ni devant la lune, ni devant tout ce qui existe sous le ciel, ni devant les étoiles du firmament et ses diverses constellations ; car ils ont tous été comme vous créés par moi.

Je suis l’Eternel, à Moi seul appartiennent la grandeur, la puissance et tous les êtres ; mes décrets sont irrévocables. N’adorez point d’autres dieux que moi, qu’ils soient sculptés en or, en argent, en bois ou en pierre ; car ils sont l’œuvre de la main d’hommes insensés. Ils ont une bouche, et ne parlent pas ; des yeux, et ne voient pas ; des oreilles, et n’entendent pas ; des narines, et ne sentent pas ; des mains, et ne touchent pas ; des pieds, et ne marchent pas. Puissent leur ressembler ceux qui les façonnent, de même que ceux qui se confient en eux.

0 fils d’Israël! O mes Elus! O mes biens aimés! Je suis l’Eternel, l’auteur de l’Univers. J’ai créé les planètes et les brillants corps célestes : ne les craignez pas et ne leur rendez pas hommage, car je suis un Dieu jaloux, punissant sévèrement ceux qui s’écartent de mes commandements ; mais je suis clément et bienveillant pour ceux de mes élus qui observent mes Lois, fidèlement et sincèrement.

Je serai leur témoin, au jour du jugement dernier. Je punis les iniquités des pères dans les enfants, jusqu’à la troisième et à la quatrième génération, si ceux-ci m’offensent ; mais aussi j’étends ma bienveillance à la millième, pour ceux qui m’aiment et observent mes préceptes.

 

TROISIEME COMMANDEMENT

Le troisième commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O enfants d’Israël!

« Gardez-vous bien de jurer en vain par mon nom »

Ni de le proférer à l’appui du mensonge. Si vous prêtez serment, persévérez dans vos attestations, jusqu’à ce que la vérité éclate manifestement. Que votre serment soit exempt de défectuosité et de vice ; que votre témoignage soit  sincère et irréfragable. Ne prononcez le nom de Dieu que dans un cas indubitable. Sachez que celui qui le profère irrévérencieusement sera perpétuellement puni par moi ; car le parjure cause la ruine des maisons et la destruction des monuments, dessèche les plantes, arrête les pluies bienfaisantes, procure de graves maladies et des souffrances à celui qui le commet, transforme une terre fertile en un désert inculte. Ecoutez ce que l’Eternel dit à ce sujet :     « J’ai donné libre cours à la malédiction, pour qu’elle pénètre dans la maison du voleur et dans la maison de celui qui jure faussement par mon nom ; elle élira domicile au milieu de sa demeure et la ruinera avec sa charpente et ses pierres. »

Gardez-vous bien du faux serment et du faux témoignage, car je châtie sévèrement le parjure. Je récompense, au contraire, celui qui s’abstient de prêter par mon nom un serment faux, vain et mensonger ; qui n’habitue pas sa langue à tenir des propos indécents, ni à mentir ; qui révère le Nom de son Maître suprême et qui le craint ; qui ne prononce ce Nom auguste et redoutable du Tout-Puissant que sincèrement et sans arrière-pensée ; qui ne dit toujours que la vérité et qui prouve que la crainte de Dieu lui est constamment présente. Ainsi Idris (Enoch) prononça mon Nom et je l’ai élevé au-dessus de la voûte éthérée ; Noé en fit de même, et les eaux du déluge l’épargnèrent ; Abraham le proféra aussi, et je l’ai sauvé du feu de la fournaise ; Isaac l’invoqua à son tour, au moment de son sacrifice, et je l’ai racheté par un bélier ; Jacob l’exprima ensuite pendant qu’il luttait avec l’ange. Par ce Nom j’ai préservé Joseph de la tentation de la femme de Putiphar. Par ce Nom, Moïse put tuer l’Egyptien, métamorphoser son bâton en serpent et lui faire reprendre ensuite sa forme primitive. Par ce Nom, invoqué encore par le prophète, j’ai divisé la Mer Rouge en douze sentiers, un sentier pour le passage de chaque tribu. Par ce nom, j’ai arrêté le soleil sur la prière de Josué afin de permettre à celui-ci d’exterminer ses ennemis. Par ce Nom, Jonas demanda mon secours, pendant qu’il était dans les entrailles du cétacé et je l’en ai retiré. Par ce Nom, enfin, les malades guérissent, les aveugles recouvrent la vue, les morts sont rappelés à la vie et les affligés trouvent la consolation réconfortante.

Je suis le premier de tous les premiers, et l’éternité ne sied qu’à moi seul. Je suis l’Etre Suprême dont l’existence n’aura pas de fin ; je suis le Tout-Puissant et je ne laisse pas impuni celui qui invoque mon nom pour le mensonge.

 

QUATRIEME COMMANDEMENT

Le quatrième commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !  

« Souviens-toi du jour du Chabat pour le-sanctifier. »

Durant six  jours tu travailleras et tu t’occuperas de toutes tes affaires mais le septième jour sera un jour de repos consacré à l’Eternel ton Dieu ; tu n’y feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni  ton esclave mâle ou femelle, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes murs, afin qu’ils se reposent comme toi. Car en six jours, l’Eternel a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils renferment, et il s’est reposé le septième jour dans lequel il occupa son Trône ; c’est pourquoi l’Eternel a béni le jour du Chabat et l’a sanctifié. O enfants d’Israël ! Observez le Chabat, honorez-le, vénérez-le, révérez-le, choyez-le, faites-le respecter, glorifiez-le, embellissez-le, aimez-le, purifiez-le, couronnez-le, parez-le, sacrez-le roi, portez-le en triomphe, ennoblissez-le, chérissez-le, préférez-le, affectionnez-le, sanctifiez-le, fixez-le, illustrez-le, conservez-le, fermement. O enfants d’Israël ! O mes Elus! O mes Saints ! Souvenez-vous des vingt merveilles que j’ai créées dans le monde, et dont je n’ai préféré que les septièmes, en l’honneur du Chabat. J’ai créé sept cieux, et je n’ai attribué la suprématie qu’au septième, qui se nomme « Araboth », où réside ma divine Majesté. J’ai créé sept mers, et je n’ai choisi que la septième qui est la Mer Rouge, où j’ai accompli des miracles aux yeux de mon peuple. J’ai créé sept planètes, et j’ai accordé la supériorité sur les autres à la septième, le soleil qui, par sa lumière puissante, éclaire l’univers entier ; j’ai appelé Abraham mon bien aimé et Moïse, mon fidèle serviteur. J’ai créé le monde en six jours, et c’est le septième seulement que j’ai occupé mon Trône. J’ai aussi écrit dans mon Livre : « Vous compterez sept fois sept années, c’est-à-dire quarante-neuf années, et la cinquantième sera une année de Jubilé, une année où le maître renverra ses esclaves des deux sexes, une année où chacun rentrera dans ses possessions, où le serf sera entièrement libre. J’ai, d’autre part, écrit dans ce même Livre : « Vous compterez sept semaines, c’est-à-dire quarante-neuf jours, et vous sanctifierez le cinquantième qui est celui que j’ai consacré par la promulgation de ma Loi. J’ai élevé David à la dignité royale, lui qui était le septième des patriarches, et je lui ai promis que de sa postérité surgiraient sept souverains qui régneront dans l’avenir, et dont le plus illustre sera le Messie surnommé « Innone », lequel sera aussi le septième monarque. Et, bien que j’aie donné la préférence à tous ces septièmes énumérés, j’accorde néanmoins la priorité au Chabat, qui est le septième jour de la semaine. Je l’ai appelé le jour de la paix, le jour de la foi, le jour de la bénédiction, le jour de la vénération, le jour de la confiance, le jour de la quiétude, le jour de la gloire, le jour de la splendeur, le jour de la beauté, le jour de la pureté, le jour du bonheur, le jour de la grandeur, le jour de l’ornement, le jour de la sainteté, le jour de la propreté, le jour de la prospérité, le jour de la magnificence, le jour de la préférence, le jour de la charité, le jour de l’étude, le jour de l’élévation, le jour de l’illustration, le jour de la conservation, le jour par lequel j’ai achevé la création du monde, le jour où même les damnés de l’enfer jouissent du repos. O enfants d’Israël! Honorez le Chabat, revêtez en ce jour vos plus beaux habits ; buvez et mangez bien ; soyez surtout charitables envers les malheureux et, généreusement, faites-leur partager vos repas, afin qu’ils se réjouissent avec vous. En retour, je vous épargnerai toute calamité, je vous préserverai de tout malheur, vous, ainsi que tous ceux de vos descendants qui se distingueront par leurs bonnes œuvres.

Car le Chabat est le symbole de l’alliance perpétuelle conclue sous la foi du serment entre vous et Moi ; c’est pourquoi l’Eternel a béni ce jour et l’a sanctifié.

 

CINQUIEME COMMANDEMENT

Le cinquième commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes: O enfants d’Israël!

« Honorez vos parents »

Et gardez-vous bien de transgresser le précepte de la piété filiale que je vous ai imposée ; car l’honneur de vos parents doit être identique au mien ; leur vénération semblable à la mienne ; leur obéissance égale à celle qui m’est due. Sache, ô fils de l’homme ! Que nous nous sommes associés à trois pour te former : Moi l’Eternel, ton père et ta mère.

Tu dois à ton père ces dix organes : les os, les nerfs, la moelle épinière, le blanc des yeux, l’encéphale, les ongles, les dents canines, les molaires, les intestins et la graisse.

De ta mère tu tiens les dix suivants : la chair, le sang, les poumons, le cœur, le foie, le fiel, la rate, le noir des yeux, le coloris rouge des lèvres et les cheveux. Et de Moi, l’Etre Suprême, tu as reçu la vie, l’âme, l’intelligence, la sagesse, la parole, la vue, la force, l’odorat, le contentement et les biens. Puisque j’ai fait participer tes parents à ta création, ô mon fils, ne les contredis pas, que leurs propos soient justes ou erronés ; ne t’assieds pas à leur place, ni en leur présence, ni en leur absence ; car j’ai assimilé leur honneur, leur obéissance et leur vénération aux miens. Ne les regarde donc pas d’un œil défavorable ; accomplis leurs désirs ; ajoute foi à leurs paroles ; écoute docilement leurs remontrances et garde-toi de les offenser.

Je t’ai ordonné de respecter tes parents en raison des vingt organes de ton corps à la formation desquels ils ont contribué. Demeure auprès d’eux et lève-toi devant eux ; livre-toi, s’il le faut, à un travail servile, afin de pourvoir à leur entretien. Ne te permets pas de témoigner contre eux et accepte volontiers leur témoignage contre toi.

Les dix Commandements que je t’ai prescrits, c’est-à- dire : la reconnaissance de ma Divinité, la défense d’adorer les idoles, de faire un parjure, de profaner le jour du Chabat, de tuer, de commettre un adultère, de voler, de porter un faux témoignage, de convoiter le bien d’autrui, de ces dix Commandements, celui de la piété filiale est le plus important.

 Le sage Salomon, fils de David (que la paix soit sur lui !) a dit: «Tout enfant qui ne respecte pas ses parents et qui les méprise, puissent ses yeux être arrachés par les aigles et dévorés par les oiseaux de proie. »

O mon fils, dit encore ce sage, vénère tes parents de toutes tes forces et empresse-toi d’accomplir leurs ordres ; par cela tu t’assureras une longue et heureuse vie. Et tel que tu t’es comporté envers ceux qui t’ont mis au monde, telle sera la conduite de tes enfants à ton égard.

En honorant tes parents, tes jours se prolongeront sur la terre que l’Eternel, ton Dieu t’accordera.

 

SIXIEME COMMANDEMENT

Le sixième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

«Ne tuez personne»

Injustement, sans raison ; ne versez pas le sang d’un innocent. Ne soyez ni les instigateurs, ni les agents du meurtre ; n’ayez aucun rapport, aucune relation avec les assassins ; ne permettez à aucun d’eux d’élire domicile parmi vous.

Sachez que l’homicide détermine l’exil et la famine. O enfants d’Israël ! Gardez-vous bien d’un tel forfait que l’Eternel, Grand et Puissant, a rigoureusement défendu. Je poursuivrai celui qui aura tué la personne à qui j’ai confié l’âme et je vengerai le sang de l’innocent ; car j’ai créé l’homme à mon image, je l’ai fait au moule divin et mes mains l’ont façonné. Comment donc, oses-tu détruire et exterminer sans pitié celui que j’ai si merveilleusement formé dans le sein de sa mère! Comment, ô mon fils, te permets-tu de faire périr un être que tu n’as pas créé et que tu es incapable de ressusciter ! Pourquoi en hâtes-tu la fin avant le terme que je lui ai assigné, et lui retranches-tu la vie prématurément ? Loin de toi l’homicide et l’effusion du sang humain ! L’Eternel a seul le droit de réclamer l’âme qu’il a créée ; quant à toi, tu ne peux supprimer l’existence d’un individu qui n’est pas ton œuvre ; le meurtre est un crime impardonnable.

 Mais si tu te montres compatissant à l’égard d’un de tes semblables qui implore ton secours, tu prouveras que tu crains Dieu qui, en retour, t’exaucera lorsque tu l’invoqueras, car il est Miséricordieux. L’assassin, au contraire, renie l’Etre Suprême qui l’a créée, et pour cela son crime est ineffaçable. Partout où il ira, la terreur le saisira ; partout, il tremblera d’épouvante. Son forfait rejaillira sur tous ses descendants et sur tout ce qui lui appartiendra ; les cieux le maudiront, la terre le rejettera, les vallées témoigneront contre lui. Gardez-vous bien donc de tuer et de verser le sang humain.

 "O Mon fils ! Crains Dieu et prends soin de ton âme, afin de pouvoir, après une belle vieillesse, te trouver réuni avec les saints et les justes, car Je suis l’Eternel Clément et Miséricordieux.

 

SEPTIEME COMMANDEMENT

 Le septième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

«Ne commettez point d’adultère »

et ne vous adonnez pas à la débauche. N’ayez aucun rapport, aucune relation avec les gens de mœurs dépravées, afin que vos enfants après vous ne soient pas pervertis ; car le péché de la fornication détermine l’exil et la famine. O fils d’Israël ! Gardez-vous bien de l’incontinence ; loin de vous l’adultère qui occasionne la misère et les jours de détresse. Repoussez les sottes envies, les désirs d’un court instant qui irritent l’Eternel, entraînent la ruine de celui qui les recherche et la perte de celui qui s’y livre. Eloignez-vous en, observez toujours la Loi que je vous ai donnée et contentez-vous de ce que je vous y ai permis. Le vice dégrade la personne qui y persévère, lui retire l’estime dont elle jouit auprès de ses concitoyens et dévoile ses secrets. Mais, celui qui s’en préserve sera, en retour, préservé par Dieu de tous les maux. O mon fils ! Réfléchis bien à cela ; dompte tes passions, consacre tes pensées au Très-Haut. Que l’épouse que l’Eternel t’a accordée te suffise ; Il te bénira en augmentant ta famille ; des sources de bonheur jailliront dans ta demeure et tes greniers regorgeront d’abondance. Crains Dieu, garde-toi bien de commettre un inceste, et la prospérité s’installera chez toi. Sache que le Tout Puissant t’agréera si tu ne succombes pas aux tentations du maudit démon ; car les plus terribles fléaux fondent sur celui qui commet l’odieux péché de l’adultère.

Ô égaré ! Evite les regards de la courtisane dont les sentiers conduisent à la mort, évite de la poursuivre! Qu’aucune relation n’existe entre elle et toi ; ne recherche point son amitié ; fuis-la de toutes tes forces.

Tu seras vraiment habile et intelligent si tu parviens à lui échapper. Garde-toi bien de cette femme impudique et de ses artifices. Dès qu’elle désire quelqu’un, elle lui tend ses filets jusqu’à ce que, fatalement, il soit pris au piège. Ecarte-toi de son habitation ; n’essaie pas de t’approcher de sa porte, car elle te séduirait par ses paroles mielleuses, te tromperait par le charme de son langage et t’abreuverait de ses eaux. C’est pourquoi je te recommande de t’en éloigner, car ses chemins conduisent à la perdition, ses sentiers aboutissent à la mort. Aie donc soin de ne point suivre les traces de ses pas ; si tu deviens sa proie, tu es dès lors inévitablement perdu ; mais si tu ne tombes pas entre ses mains, tu peux te vanter d’avoir échappé au trépas. C’est au seuil de sa porte qu’elle se tient ; de là, elle lance son regard perçant sur le jeune homme qu’elle veut attirer et l’entraîne dans la voie du mal.

Il existe dans le monde dix choses dont l’une est plus forte que l’autre: la pierre dure est brisée par le fer ; le fer résistant est ramolli par le feu ; le feu ardent est éteint par l’eau ; l’eau est bien redoutable, mais le nuage la contient ; le lourd nuage est chassé par le vent ; le vent le plus impétueux est supporté par la terre ; la terre est puissante, mais l’homme l’est davantage ; le chagrin le plus amer est dissipé par le vin ; le vin quoique fort est inférieur au sommeil ; le sommeil plus profond est bien moindre que la mort ; la mort est terrible, mais la femme voluptueuse les surpasse tous. C’est d’elle que le sage Salomon fils de David (que la paix soit sur lui !) a dit : « Ce que je trouve de plus amer que la mort, c’est la femme dont le cœur n’est que guet-apens et pièges. » La trame de ses filets est beaucoup plus ferme que celle des rets ordinaires. Elle mange, s’essuie la bouche et dit:« Je n’ai rien mangé!» ; elle satisfait ses appétits et dit : « Je n’ai point fait de mal ! » Ses manières d’agir sont analogues à celles du navire dans la mer, de l’aigle dans les airs, du serpent sur le rocher ; car de même que, faute de traces, le passage de ces derniers ne peut être soupçonné, de même l’infidélité conjugale de cette maudite femme échappe à toute investigation.

Peut-on attiser du feu dans son sein, a dit encore le sage de la Bible, sans que les vêtements soient consumés ? « Un oiseau serait-il pris sans piège ? » « Deux hommes marchent-ils ensemble s’ils ne se sont pas entendus d’avance ? » « Le lion rugit-il (dans la forêt) s’il ne tient une proie?»« Un peuple est-il frappé d’un malheur si ce n’est à cause de ses propres fautes?»

Celui qui se livre aux plaisirs illicites et qui s’adonne au vice verra ses secrets découverts, sera réduit à l’indigence et ses forces l’abandonneront. Attaché à l’iniquité, il finira par perdre complètement la foi. En considérant les dix choses énumérées ci – dessus, nous avons remarqué que la femme aux mœurs dépravées en était la plus terrible. C’est pourquoi, mon fils, confie-toi en Dieu et il te préservera d’elle et de toute autre séduction.

 

HUITIEME COMMANDEMENT

Le huitième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

« Ne dérobez point ! »

N ‘ayez aucun rapport, ni aucune relation avec les voleurs, car le larcin est cause que les nuages se dissipent pour ne pas donner de pluie. O enfants d’Israël ! Gardez-vous bien du vol. Eloignez-vous du chemin de l’oisiveté et ne convoitez point ce qui ne vous appartient pas.

S ache, ô homme! Qu’en te créant dans le sein de ta mère, je me suis déjà préoccupé de ta subsistance. Du haut de mon trône, je te donnai l’ordre de quitter ce lieu lorsque tu atteignis le terme des jours et les mois que je t’y avais fixé, et je te recommandai d’être honnête et de reconnaître ma Toute Puissance.

Je suis l’Eternel qui t’a délivré de l’étroitesse des entrailles et de l’obscurité du sein maternel. O mon fils ! Ne commets point de vol, car j’ai assuré ton existence et pourvu à tes besoins. Quand ton heure aura sonné, il ne restera plus rien des biens que tu auras amassés, qu’ils aient été nombreux ou non, pas même la valeur d’un grain de sésame. Contente-toi donc de ce que l’Eternel t’a accordé.

Tu ne peux récolter, a dit un sage, la moisson dont la semence ne t’appartenait pas. Sois satisfait de ce que tu as acquis loyalement et il te sera profitable. Comment, a dit aussi Salomon, fils de David (que la paix soit sur lui !), comment veux-tu jouir de ce monde alors que la vie est de courte durée !

Donc, mon fils, considère-toi comme un mercenaire ; recouvre-toi de nattes ; nourris-toi de son et empêche-toi de dérober peu ou beaucoup. Ne vole point le riche sous prétexte que cela ne peut lui faire tort, et encore moins le pauvre dont tu augmenterais la misère. Ne t’avilis pas, ne déshonore pas tes amis, évite d’être l’opprobre de ta famille et de ton pays. Si l’on te dit : « Comment tu n’as rien en mains ! », endure cette souffrance plutôt que de t’exposer à la honte, toi et les tiens. Efforce-toi de ne pas te rendre vil et méprisable aux yeux de tes amis qui t’entourent comme une auréole, dont l’éclat s’obscurcirait si tu agis mal.

A khan, descendant de Zérah, chef de la tribu de Juda, s’était rendu coupable de larcin ; pour cela, il fut lapidé aussitôt et recouvert lui, ainsi que les objets dérobés, d’un grand monceau de pierres.

Eloignez-vous donc du vol et écartez-vous du vice. Je comblerai de bonheur l’homme droit et intelligent qui se contente du peu qu’il a acquis honnêtement.

 

NEUVIEME COMMANDEMENT

Le neuvième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

«Ne portez pas de faux témoignages ! »

Interdisez aux parjures de s’installer au milieu de vous car, par leur faute, les bêtes féroces dévastent la terre. Ecartez-vous du chemin de la fausseté et de la turpitude. Ne causez pas la mort d’un innocent en disant : « Mais nous ne lui avons fait aucun mal ! » alors que vous le tuez sans épée, que vous lui percez le cœur sans lance et que vous lui faites rendre l’âme avant le terme de son existence. C’est un triple homicide que vous commettez et qui vous privera de votre part à la vie future. Garde-toi, insensé ! de faire un faux témoignage, car l’Eternel t’en punira ici-bas et dans l’autre monde. Ce crime annihile toute croyance religieuse et, au jugement dernier, c’est par là que commencera l’examen, de tes actes. O mon fils! N’affirme que ce dont tu es sûr ; crains Dieu et sache que le parjure déshonore celui qui le perpètre et le rend méprisable.

ce que nous venons d’exprimer au sujet des faux témoins qui seront privés que la béatitude de l’autre vie est confirmé par le verset suivant : « Maudit soit celui qui frappe son prochain en secret. » Relativement à cela nous lisons encore dans l’Ecriture Sainte : «Malheur à ceux qui qualifient le mal, bien et le bien, mal, qui changent les ténèbres en lumière et la lumière en ténèbres, qui rendent l’amer, doux et le doux, amer. »

Donc, pareillement, les faux témoins sont maudits par l’Eternel. Ainsi, mon fils ! Ne rends point contre ton prochain de faux témoignage.

 

DIXIEME COMMANDEMENT

Le dixième Commandement apparaissait en lettres flamboyantes, tournoyant dans les hauteurs célestes, pendant que la voix divine environnait le peuple et l’exhortait en ces termes : O fils d’Israël !

«Ne convoite pas la maison de ton prochain.»

N’envie pas la femme de ton prochain, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni rien de ce qui est à ton prochain. »

G ardez-vous bien de la cupidité ; fuyez les désirs illicites ; abhorrez la concupiscence ; tous ces vices sont cause des calamités. Celui qui ne peut maîtriser ses passions n’est pas clairvoyant, mais aveugle ; il ne se rend pas compte de ses actes. Il prend ce qui est amer pour doux et ce qui est doux pour amer. Il ne peut distinguer l’océan de la terre, ni la terre de l’océan ; pour lui, la perfidie est droiture et la droiture perfidie. La convoitise qui s’est emparée de son cœur, qui a triomphé de ses yeux, est comparable aux nuages déversant une pluie torrentielle, ou au fleuve rapide emportant tout sur son passage, entraînant et englobant tout ce qu’il peut. Ainsi, la volupté stupide, la passion ruinent, perdent tous ceux qui s’y adonnent, aveuglent leurs favoris, les empêchent de discerner le bien du mal, insensibilisent leur cœur. Celui qui sait s’en écarter verra prospérer ses affaires, sa condition s’améliorer ; qui s’attache à la religion aura de la considération, accroîtra ses biens et ses richesses. Pour avoir su attendre dans la résignation, il aura trouvé son contentement, puis la satisfaction, la prospérité, la fortune, la dignité, et alors il n’aura plus rien à souhaiter. La convoitise, au contraire, engendre le gaspillage, la perte, la ruine, le malheur, le déshonneur, la vicissitude, la pauvreté, l’avilissement de celui qui la poursuit et qui finira accablé de tous les maux.

Ainsi, mes enfants, gardez-vous bien de convoiter ce qui ne vous appartient pas. Contentez-vous de ce que je vous ai accordé. Si vous observez votre Loi, l’Eternel vous aimera et ses anges vous seront favorables. Ayez soin de ne point transgresser ses commandements. Ne désirez pas ce qui n’est pas votre propriété, ce que possède votre prochain, car le Tout Puissant, qui vous a donné des biens, vous en octroiera d’autres si vos pensées sont pures et sincères envers lui et vous obtiendrez de sa suprême bonté le bonheur perpétuel, ainsi qu’il est dit dans la Tora : «De la sorte, tu seras heureux et tu verras tes jours se prolonger. »  

 

"Les dix Commandements" du Rav Saadia Gaon – Traduction du grand Rabbin Morali